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"… Dehors
les clameurs de la victoire se répandaient comme le feu embrase le parchemin.
Cette joie, mêlant soulagement et espoir, emplissait toutes les âmes, mais ne
me touchait pas. Elles ne touchaient d’ailleurs aucun des hommes à proximité.
Et pour cause, sous le gigantesque regard vitreux de notre ennemi, gisait mon
ami et souverain. Son regard perdait de sa superbe et les prêtres se
résignaient. Inévitablement, ses yeux suivaient le même chemin que l’adversaire
qui nous avait tant prit. Il me fixait et, l’espace d’un moment, j’ai cru qu’il
ne me reconnaissait pas. Puis, il fit un geste dans ma direction m’invitant à
le rejoindre. Lorsque je fus suffisamment près, il me prit la main et me dit :
« Mon ami et fidèle conseiller, tu as été l’un des
artisans de cette victoire. Je suis fier de vous tous, je suis fier des Hommes
et des Femmes du Cormyr. Adoré royaume, je crois devoir te dire adieu. Je t’ai
conduit à l’unité, j’ai semé en toi les graines de l’espoir que ton peuple a su
récolter et tu nous as portés jusqu’au firmament de la gloire…
Ces longues années que j’ai passées à
ton service semblent avoir porté leurs fruits. Les écailles, symbole de ta
puissance, illuminent le monde de la gloire d’antan. Nous sommes redevenus le
respecté royaume unissant l’Est à l’Ouest.
Je me souviens que notre réussite n’a cessé d’attiser
les flammes de la jalousie et d’embraser la haine de nos ennemis. Les hordes
barbares, maintes fois galvanisées par le souffle noir de Château Zhentil, ont
tenté de faire basculer notre harmonie, en vain.
J’ai vu mon peuple se dresser, ailes dépliées et
souffle ravageur, face à ces nombreuses menaces sans jamais faillir ni faiblir.
Et lorsque cette nouvelle menace a répandu la guerre, aussi vite que le vent du
nord souffle des Cornes des Tempêtes, et envahit nos campagnes, j’ai su que nos
ancêtres nous porteraient sur la Voix de la bravoure.
Pendant de longs mois, Seigneurs, Mages et Hommes ont
donné leur vie, luttant fièrement et sans peur pour tenir nos femmes et nos
enfants loin de la servitude et du désespoir, pour te préserver, Mon Doux
Royaume...
Aujourd’hui notre ennemi, lointain cousin de notre
étendard, est vaincu. Je le vois, inanimé et couché dans la mort… Comme je le
suis maintenant. Ce coup fatal voit la fin de cette vile félonie… et je souris.
Je souris à la mort que je sens m’emporter car, cette épreuve que les Dieux
nous ont lancée, te vois meurtri mais porté par un nouvel espoir.
Amis fidèles, peuple au sang noble de part votre
courage et votre abnégation, le sacrifice de nos fils et filles n’a pas été
vain, je le sais, je le vois sur vos visages…
Puisses-tu, Ô Royaume du Dragon, illuminer le monde et
devenir pour tes enfants, le phare de la paix dont j’ai tant rêvé lorsque
j’étais à tes côtés… "
Ainsi furent
les derniers mots de notre regretté souverain. Puissent les Dieux entendre sa
requête et faire du Cormyr un Royaume de paix…
Paroles
d’Azoun du Cormyr, Quatrième du Nom, Roi de la Forêt et Porteur de la Couronne
du Dragon
Extraits de « L'Odyssée du Prince
Dragon », Chapitre 18, par Vandergahast, Haut Magicien du Cormyr
Le 7 de Flammerige de l’Année 1370
C.V.
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